Module 7. Pragmatique. Saisir les phrases. 78 interactions. 78 QCM.

Qu'est-ce que la pragmatique?

Avec la pragmatique, vous entrez dans un domaine qui n'est plus exclusivement verbal; moins ardu, apparemment; et qui doit vous être plus familier. C'est le domaine des relations entre personnes, si abondamment illustré dans tant de conversations, de romans, de télé-romans et de films. Combien de façon y a-t-il de dire Je t'aime, ou de le faire saisir?
Réaction 1


Autant que de couples et même de moments dans la vie des couples; ce qui n'empêche pas de tracer des catégories (degré de conviction, d'engagement, de tendresse, de désir, de préoccupation, d'incertitude de la réponse, de séduction, de marivaudage, etc. etc.)

Avec la sémantique, on va de la chose ou du mot au sens; avec la pragmatique, on explore les aspects de la communication entre interlocuteurs; avec la logique (dans un prochain chapitre), on ira d'une idée à une autre.

Bibliographie.

Austin, J.-L. Quand dire c'est faire. (How to do things with words. Oxford. 1962)

François, Frédéric. La Communication inégale. Delachaux et Niestlé. [P37.5 C64F72

Golopentia, Sanda. Les Voies de la pragmatique. Stanford french and italian studies, 51. 1988, 242p.

Lafont, Robert. Il y a quelqu'un. La parole et le corps. Univ. Paul Valéry, 1996, 358p.

Lecercle, J.-J. La Violence du langage. Trad. de l'angl. PUF, 1996. 258p. [P99.4 P72 L4312.

Nysenholc, Adolphe et Thomas Gergely, Information et persuasion. Argumenter. Bruxelles, De Boeck, 1991, 200p. [PC2435N93

Searle, John. Speech Acts. Cambridge Univ. Press, 1969.

Substance. Qualité. Action. Personne.

Du côté des choses (pragma, en grec, veut dire «choses»), on peut, sur le modèle de la grammaire, dans ses catégories lexicales (nom commun, qualifiant, verbe, nom propre), identifier les quatre types de réalités qu'évoquera le message : la substance, la qualité, l'action et la personne. Voyez-vous une correspondance entre la catégorie lexicale et le type de contenu?
"Un enfant est plus qu'un être humain." Dans cette assertion, enfant est une ________.
1 substance (un objet de discours)
2 qualité
3 substance qualifiée
4 personne
Réaction 2


Le mot substance, en pragmatique, ne doit pas être pris au sens physique mais plutôt au sens énonciatif : quelque chose dont on peut parler. Par exemple la timidité, qui est une idée dans "il est timide", devient une substance du fait qu'elle est désignée par un substantif. Quand on dit la timidité, on se prépare à en dire quelque chose. Pour pouvoir en parler, on en fait une sorte de chose, même si c'est au départ une idée dont la forme naturelle est le qualificatif (il est timide). Évidemment, la timidité n'en reste pas moins une qualité (ou un défaut plus exactement) mais puisqu'on en parle comme substance, cela devient une qualité substantivée : l'inverse d'une substance qualifiée (un jeune enfant), où l'on parle d'un objet sous son angle qualitatif. Il y a donc des substances et des qualités, et elle peuvent se combiner, mais ce n'est pas tout.

Il y a bien des objets d'opérations. Pour un aperçu de l'ensemble des opérandes disponibles, consulter la clé des procédés (www.cafe.edu) et cliquer sur opérandes. Mais restons

ici dans les contenus de phrases. Dites seulement à quoi vous pensez.
Réaction 3


Les choses dont on parle se divisent en quatre grandes catégories : objets, idées, actions, personnes. Dans ce système, objet désigne du concret ou tout objet de discours ou de réflexion; idée, de l'abstrait, des caractéristiques, donc aussi tous les attributs, qualités ou défauts; action, tout ce qui se fait, notamment en modifiant les objets, et même en leur donnant la forme d'une idée; et personne, celui qui agit, pense, parle, selon ses intentions, donnant aux objets, aux idées et aux actions la valeur qu'il entend leur donner, pour lui ou pour d'autres. La pratique élucidera ces notions.
"Je ne supporterai pas dans ma maison un enfant turbulent et négligent." Enfant turbulent et négligent est une ________.
1 substance
2 substance qualifiée
3 qualité
4 personne
Réaction 4


L'objet a une substance qui n'est pas le référent tout entier mais l'un de ses quatre aspects, le plus tangible. La qualité fait partie du référent, des contenus possibles, elle aussi : soit comme idée, soit comme sentiment, comme perception ou comme sensation. Il est conforme à la méthode structuraliste, quand on applique un système, de réunir plusieurs choses dans une seule case. Idée, sentiment, perception et sensation sont dans la même case simplement du fait que celle-ci suffit à établir une distinction globale (la qualité) par rapport aux autres cases prévues. On évite ainsi de multiplier les catégories. Mais ne faudrait-il pas opposer diamétralement idée et sentiment?
Réaction 5


Dans le discours, il est courant de les opposer, de dire par exemple que les hommes sont rationnels et les femmes sentimentales... Il y a sans doute des réactions plus affectives ou plus rationnelles que d'autres mais la limite est floue et dépend plus du caractère de la personne que de son sexe.

De la sensation physique à son interprétation (la perception), de là à une réaction de désir ou d'horreur (sentiment) puis à une idée plus abstraite, la transition est fluide, instantanée. Il est commode de rassembler ces quatre aspects dans une continuité à l'intérieur de la conscience du sujet connaissant, la continuité des «qualités».

Simplicité de la structuration du paradigme des contenus de texte : quatre catégories seulement!
"Un homme pauvre intelligent ira plus loin qu'un homme riche imbécile." Identifier les «qualités».
1 homme riche
2 homme pauvre, homme riche
3 homme pauvre intelligent, homme riche imbécile
4 pauvre intelligent, riche imbécile
Réaction 6


La distinction substance / qualité est inhérente à la langue. Comparer C'est un autre et Il est autre. Dans quelle formulation vise-t-on une substance et dans laquelle vise-t-on une qualité?
Réaction 7


L'indéfini autre, actualisé (C'est un autre), désigne une substance; on veut dire que ce n'est pas le même, même s'il est pareil. En revanche, dans il est autre, le même indéfini autre, employé comme qualifiant donc sans actualisateur, veut dire qu'il n'est pas pareil. Concept, alors, et non substance.
Le héros de Beckett, rampant dans une boue gluante, y rencontre ______ qu'il torture.
1 un autre
2 quelque autre
3 quelqu'un d'autre
4 (N'importe)
Réaction 8


Avec même, cependant, il y a équivoque, car on ne peut pas dire :«il est même». On recourt à un qualificatif plus explicite : il est identique. Mais on peut aussi dire, dans ce sens-là, c'est le même. L'expression en est devenue équivoque. Il y a un c'est le même (+ nom) qui est substance (c'est bien lui, aux deux endroits ou aux deux moments) et un c'est le même (+ nom) qui est idée (il est tout à fait semblable).

C'est le même chat qui est venu cette nuit vider la poubelle. Même veut dire _____.
1 que c'est bien lui
2 qu'il est pareil
3 (N'importe)
4 (Selon le contexte)


Y a-t-il un lien entre le type de contenu, qu'on vient de voir, et les éléments de la définition, qu'on a vu au chapitre précédent (genre, différence spécifique, propriété, domaine)? Prenez un exemple de définition et voyez quels types de contenus vous y trouvez. Rien que des qualités?
Réaction 9


Partons de : le feu est un phénomène physique et chimique qui dégage de la lumière et de la chaleur. On fera de phénomène une substance, qualifiée par physique et chimique ce qui donne le générique; qui dégage etc, est la différence spécifique et c'est une action. La définition ne semble donc pas avoir d'avance tel ou tel contenu, d'autant plus que la vedette d'un dictionnaire (le mot autonyme sur lequel va porter la définition) peut déjà avoir son contenu (comme mot lexical) : on peut définir une substance mais aussi une qualité, une action ou une personne. Dans la définition, les éléments jouent un rôle définitoire mais leur nature n'est pas fixée d'avance.

Prenons un exemple dans un texte comme ceux des fiches de votre documentation.
Une technique nouvelle consiste à «conditionner aseptiquement», c'est-à-dire sans la moindre contamination microbiologique, un produit préalablement stérilisé : elle apparaît sur le marché du lait. L.-V. VASSEUR, J.-J. BIMBENET et M. HILLAIRET, les Industries de l'alimentation, p. 39. De quoi explicite-t-on ici les sèmes spécifiques?
1 technique nouvelle
2 lait
3 produit stérilisé
4 conditionner
Réaction 10


Conclusion : tout type de contenu peut servir comme élément de définition. La sémantique et la pragmatique se complètent sans empiéter l'une sur l'autre. Mais à quoi sert la pragmatique? À quoi bon établir la nature des contenus? Cela donne-t-il des classèmes?
Réaction 11


Oui, mais il y a une façon de les réunir qui débouche sur toute la suite des travaux entrepris. En pragmatique, l'énoncé comme tel est déjà fécond. Le classème ouvre sur les variantes, les analogons. Les comparaisons suscitées de cette manière ont une précision et une nécessité sans égales. Non seulement tous les termes de la nomenclature vont trouver par là des définitions qui sont les nôtres, mais les difficultés rencontrées vont faire trouver des hypothèses. Et de ces hypothèses (des questions que l'on se pose, justement quand on croit qu'on n'y comprend plus rien) vont venir de nouvelles lectures qui les confirmeront ou non. C'est le début d'un parcours intellectuel personnel, le débarquement dans un nouveau monde, qui inclut l'autre.

On rencontre d'abord une façon de lire qui débouche sur des fiches doc pertinentes et sur leur traitement possible ultérieurement. Elle consiste à se poser d'avance les questions de possibilités d'énoncés, donc de substances pour les référents, de qualité pour les idées, d'action selon les moments et les lieux, et de personnes selon les initiatives. Échafauder des hypothèses à l'avance, outre que c'est la méthode scientifique la plus recommandée, loin de faire perdre du temps, en fait gagner beaucoup, au contraire. C'est ce qu'on appelle la lecture négative. On feuillette tous ses livres pour trouver des réponses à une question.

Cette lecture est-elle plus active, ou plus rapide, ou plus complète? Procure-t-elle un avantage?
Réaction 12


Elle est moins complète (on ne retient que ce qui répond à son hypothèse) mais plus active, et très rapide (elle rejoint les meilleures méthodes de lecture rapide). En effet, quand on feuillette, il n'est plus requis d'assimiler tout ce qui se trouve dans le texte (comme dans la lecture positive). On se contente de vérifier l'absence de réponse à la seule question que l'on se pose. Mais de parcours en diagonale ne veut pas dire qu'on ne comprend rien puisque, tout à coup, on se met à lire plus attentivement (on peut même prendre intérêt à autre chose que l'hypothèse à documenter). Rien n'empêche de faire alors de nouvelles fiches. La vie de l'esprit est faite d'imprévus. Au moins, de toute façon, on ne s'embourbe pas dans les vétilles ou les subtilités qui nous dépassent (et qui ne préoccupent parfois que l'auteur). Fini le pensum! Plus d'ennui. Et même si la conclusion est : "rien de neuf, rien à signaler", quantité d'avenues se seront profilées. qui pourront se rappeler plus tard à notre bon souvenir.

La caractérisation des contenus de l'énoncé (substance, qualité, action, personne) offre une panoplie d'éventualités pour développer des hypothèses. On en verra plus loin quelques autres, également pragmatiques et pratiques. En réunissant des contenus bien catégorisés, on se prépare des définitions consistantes, sûrement utiles au lecteur futur (pas plus spécialiste que nous). Pragmatique et sémantique renvoient l'une à l'autre.

Les mots lexicaux du texte conduisent donc à des référents qui sont des substances, des idées, des actions ou des personnes, et qui favorisent une panoplie de possibilités à explorer (par les comparaisons entre variantes de même classème).

De plus, ces catégories de contenu ne sont pas seulement utiles pour penser le référent. Elles ne se limitent pas aux mots lexicaux.

Les actes de parole.

Le référent n'est pas toute la réalité, laquelle est bien trop complexe pour se faire enfermer au sens que visent les mots pleins. Les mots se mettent à plusieurs pour former des ensembles organisés, des phrases, plus précisément des unités d'expression : les actes de parole. Ces actes se divisent aussi en quatre types, comme le référent mais il s'agit cette fois de l'acte d'énoncer, donc de l'énonciation.

Par exemple, un acte de parole peut avoir un contenu informatif. C'est fréquent dans les textes écrits. Il établit alors une relation du type idée, qualité. Exemple.
«Nul ne veut le bien public que quand il s'accorde avec le sien.» Que veut dire ici Rousseau?
1 Il n'est pas naturel d'être désintéressé.
2 Le mal est dans la nature de l'homme, qui a besoin de vivre en société pour y échapper.
3 Les hommes ne font le bien que quand ils y sont forcés.
4 La société civile, en créant des lois, peut seule obliger les hommes à faire le bien.
Réaction 13


L'acte de parole «prédicatif» (ou assertion d'idée) contient normalement quelque chose de significatif. Il veut dire quelque chose. Il établit, entre un thème et un prédicat notionnel, une relation dotée d'un minimum d'intérêt. Quand veut-on le bien public? Quand il procure aussi un avantage privé. Deux substances sont mises en relation par le biais du temps. Cette coïncidence est une idée qui touche deux substances (deux sortes de bien). Cette idée est-elle dans l'énoncé? Ou ailleurs?
Réaction 14


Elle est dans l'acte de parole qui établit la relation entre les substances. L'acte de parole centré sur une idée (appelé fort exactement prédicatif) contient deux choses : un thème et un prédicat (voir ci-dessous). Il consiste à dire qqch. (prédicat) de qqch. (thème). Que nul ne veuille le bien public est le thème. Rousseau dit que quand il s'accorde avec le bien privé, alors seulement, on le veut : c'est le prédicat. Ce moment exceptionnel est l'idée prédicative. La phrase est donc informative. Cette idée n'est pas dans un mot mais dans la phrase comme acte de parole. Elle est donc éidétique (ou prédicative).

Il y a quatre actes de parole qui relèvent des catégories de l'énoncé : la constatation (objet); l'assertion proprement dite, appelée aussi prédication (idée), à laquelle on adjoint le jugement (sentiment, proche de l'idée); la narration (action) et l'engagement (personne).
Ton frère a appelé. C'est ton frère qui appelle. Å ce moment-là le téléphone sonne. Il sonne trop fort. Il sonne toujours deux fois. C'est moi qui te jouais un tour. Attribuez à ces assertions un type de contenu.
1 Action. Objet. Action. Idée. Idée. Personne.
2 Objet. Idée. Action. Objet. Idée. Personne.
3 Idée. Personne. Idée. Action. Objet. Action.
4 (Autre chose)
Réaction 15


Combien d'actes distincts voyez-vous dans la phrase suivante?
Ce phénomène démographique a fait monter la valeur des propriétés, ______ qu'une augmentation de population engendre la rareté des terres.
1 due fait
2 due au fait
3 dû au fait
4 du fait
Réaction 16


À ce propos, on pourrait se demander si le fait joue un rôle en pragmatique.

Fait.
" --- Pierre est venu? --- Oui. Les cendriers sont pleins." La dernière assertion est ________.
1 un fait
2 un exemple
3 une illustration
4 un argument
Réaction 17


Ce sont les juristes qui ont le plus développé les types de jugements. Pour eux, il y a des jugements de droit (ce qui doit être, selon la loi) et des jugements de fait (ce qui est, parce que c'est ainsi, indépendamment des lois). Le jugement de fait est-il un acte de parole basé sur un fait? Ce ne serait alors rien d'autre qu'une assertion d'objet : une constatation.
Y a-t-il parmi les assertions suivantes une constatation?
1 Il y a eu un défilé devant le Parlement pour protester.
2 Les expropriés veulent racheter leurs terres.
3 Les contestations sont une conséquence de la faiblesse de nos gouvernants.
4 Il semble qu'on veuille apporter des changements en profondeur.
Réaction 18


Identifier les énoncés n'est sans doute pas difficile mais ne laisse pas de se révéler fort utile au maniement non plus des concepts seulement mais des réalités, des idées, des actions... et des personnes (qui ne devraient pas faire l'objet de manipulations).

Identification des énoncés.
Y a-t-il, parmi les assertions suivantes, des constatations? a) Nous avons appris que l'augmentation du prix du pétrole prévue serait reportée. b) C'est la première fois que le ministère de l'Énergie accepte de fournir des informations sur les nouveaux barèmes prévus pour l'an prochain. c) La cause de la baisse est la chute des cours mondiaux. d) Le ralentissement des augmentations ne réjouit pas du tout le gouvernement, car cela entraîne un ralentissement de ses revenus.
1 a, d
2 b, c
3 b seulement
4 (Autre chose)
Y a-t-il, parmi les assertions suivantes, des idées (et non des constatations, des sentiments, des actions, des engagements)? a) Le mot d'ordre de grève générale semble n'avoir été que partiellement suivi. b) Des groupes de jeunes ont attaqué plusieurs bâtiments publics. c) Ils espéraient bien que les ouvriers se joindraient à eux. d) Les manifestations témoignent clairement du soutien des étudiants à la cause des syndicats.
1 a, d
2 b
3 a, c
4 (Autre chose)
Le train arrive à 16h est une assertion ________.
1 objective, descriptive (une constatation: on dit ce qui est)
2 subjective, effective (un jugement de valeur: on dit comment on voit les choses)
3 d'idée (une explication: on établit une relation)
4 d'action (on dit ce qui est en train de se passer ou de se faire)
Parmi les phrases suivantes, quelles sont celles qui sont des constatations (et non des idées, des sentiments, des actions ou des engagements) (a) Rio de Janeiro est une ville insalubre (b) le train est arrivé à seize heures (c) l'appartement de Louise est plus confortable que celui de Jeanne (d) Michel est installé rue Sherbrooke ouest.
1 b, d
2 a, b, c, d
3 a, b, d
4 a, c, d
Réaction 19


Critère d'identification de l'acte de parole quand il est le véhicule d'une idée : il se prête à un découpage.

Analyse en thème et prédicat.

Nous savons maintenant distinguer 1. le référent (objet, idée, etc. visés dans leur réalité), 2. la notion (idée, connaissance de ces référents, visés dans leur universalité abstraite) et 3. le thème (ce dont on a à parler). Ex. L'occultisme comme référent est un type d'activité. En tant que notion, ce n'est plus que l'idée intemporelle de la chose, son «essence». Et en tant que thème? Est-ce ce dont on parle quand on en dit quelque chose?
On parle de quelque chose. Dans la langue, il doit donc y avoir des éléments qui représentent ______.
1 un thème
2 des interlocuteurs
3 la réalité
4 des idées
Réaction 20


Dans l'analyse en thème et propos (propos est synonyme de prédicat), il importe de bien distinguer l'analyse syntaxique (sujet... objet... par rapport au verbe) et l'analyse de l'énoncé (de quoi s'agit-il... qu'est-ce qu'on en dit).

La distinction est facilement admise en théorie mais plus spécieuse que ne croient certains logiciens car le prédicat de l'assertion n'est pas toujours le groupe du verbe. Ainsi, dans la phrase: Elle est restée hier prononcée avec accent sur hier, le thème est dans le groupe verbal et le prédicat est hier. Le prédicat reçoit un accent dit antithétique ou «intellectuel» sur le lexème qui porte principalement le posé.
"Qu'elle refuse nous fera plaisir." Au point de vue de son sens, une phrase prédicative comprend un thème (ici le refus) et ce qu'on veut affirmer de ce thème (ici nous fera plaisir). Cette seconde partie est appelée ________.
1 l'attribut
2 le prédicat
3 le groupe du verbe
4 le syntagme verbal
Il remplit la boîte, et même la remise. Dans la première des propositions de cette phrase, quel est le prédicat de l'assertion?
1 remplit
2 boîte
3 (Selon le sens)
4 (Autre chose)
"Il faut être sergent pour être garde?" Quel est le thème de cette assertion interrogative?
1 Il faut
2 être sergent
3 pour être garde
4 Il faut être sergent
Réaction 21


Si le prédicat est habituellement dans l'assertion, le thème y est parfois à peine représenté, étant tout entier développé dans le contexte. Trouver le thème, c'est comprendre à propos de quoi le locuteur énonce son assertion (et donc pressentir déjà la direction de son argumentation). Pour trouver le thème, on peut procéder de la façon suivante. On se demande de quelle question l'assertion serait la réponse. Ce qui est dans cette question est le thème. Ce qui est soustrait (le reste) est le prédicat.
"Ils se sont perdus, les idiots" annonça le gardien. Les idiots est ________.
1 une assertion
2 une apposition
3 (1 ou 2 selon le sens)
4 (Autre chose)
Le livre sur Picasso de la collection Time-Life est intéressant parce qu'il est écrit par un journaliste ______ spécialiste de la peinture.
1 qui n'est pas
2 qui est
3 (Selon le sens)
4 (Autre chose)
Réaction 22


L'assertion d'idée contient normalement quelque chose de significatif. Elle veut dire quelque chose. Elle établit, entre un thème et un prédicat notionnel, une relation dotée d'un minimum d'intérêt. Ducrot voit ici une «loi du discours». C'est en effet la structure de toute fonction prédicative. On distingue thème et notion comme le fait déjà le langage courant et il est courant aussi de ne pas aimer ceux qui parlent pour ne rien dire.
________ occultisme se tourne vers les aspects les moins connus de l'être humain.
1 L'
2 Le thème de l'
3 La notion d'
4 (Selon le sens)
Réaction 23


Le référent est là même si on ne le découpe dans le texte...

On sait que les opérateurs sont des mots ou des groupes qui signalent les fonctions énonciatives. Y a-t-il des opérateurs pour le thème de l'acte de parole prédicatif?
Les téléromans se déroulent facilement dans des cadres luxueux. _____ la plus grande partie de la population, le bonheur est ainsi lié à un niveau de vie supérieur au sien.
1 Pour
2 Quant à
3 En ce qui concerne
4 (N'importe)
Pour nos amis, rien n'est trop beau. Analysez pour.
1 Lien syntaxique. Rien n'est trop beau en leur faveur.
2 Lien syntaxique énonciatif. Rien n'est trop beau à leurs yeux ou à les entendre parler.
3 Opérateur énonciatif. Rien n'est trop beau en ce qui les concerne, dans leurs affaires.
4 (N'importe)
Réaction 24


Mais les idées ne sont pas le seul type de contenu d'acte de parole. Quels seront les actes de parole fondés sur des sentiments, pensez-vous?
Réaction 25


Les « jugements». Mais ils sont parfois mal reçus...

Des goûts et des couleurs... Il vaudrait mieux ne pas trop en discuter (selon l'adage : De gustibus et coloribus non disputandum). Certes, à chacun de les gérer personnellement pour sa satisfaction ou en les rejetant. Et mieux vaut les garder pour soi si cela ne fait plaisir à personne. Surtout si ce sont des préjugés. On disait naguère : «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés» (parole qui se trouve dans les évangiles).

Devrait-on alors s'abstenir de tout jugement de valeur, comme il est recommandé aux journalistes (qui peuvent compenser en étalant des humeurs)?
Réaction 26


Avant de censurer le jugement de valeur, il faut le repérer et le définir, savoir ce que l'on ferait exactement en s'abstenant d'en porter. Le jugement de valeur n'est pas un jugement sur ce qui est mais sur ce qui est préférable. La préférence implique une hiérarchisation (Par exemple, l'homme sera considéré comme supérieur à l'animal, par son évolution). N'empêche que le jugement de valeur reste subjectif (ce qui est une limite, sans doute, mais aussi une qualité nécessaire). Quant au préjugé, il est arbitraire, antérieur au jugement personnel réfléchi.
Dans le Petit Robert, nous lisons, à l'entrée homme: "Etre appartenant à l'espèce animale la plus évoluée de la Terre". Cette définition implique un jugement de ________.
1 fait
2 présomption
3 valeur
4 droit
Réaction 27


Le jugement de valeur est nécessairement suspect? Jusqu'à quel point mérite-t-il d'être retenu et utilisé? Faut-il du moins le détecter, le relever?
Réaction 28


On peut considérer qu'il est préférable de ne pas bannir la valeur mais de la prendre en compte, que même un attachement à la pure objectivité a quelque chose de subjectif, que l'objectivité est un déguisement de l'intersubjectivité car elle tire sa force de l'assentiment général.

Certes, le jugement de valeur comporte des risques, il peut notamment dévoiler des intérêts trop particuliers. Il est donc limité dans son utilisation (il ne peut pas trop se montrer) quoiqu'il reste insurpassable (il livre l'essentiel). Et puis, il est topique (appliqué à un cas concret).

L'importance du jugement de valeur vient de son lien avec chaque personne dans sa liberté, et donc avec tous les sujets, avec le milieu, le public visé, qui le limite et le valorise à la fois. Il rejoint donc l'ensemble des sujets dans l'intersubjectivité. Mais on s'intéressera surtout aux affrontements. Non seulement ceux-ci rendent impossibles les jugements de valeur acceptables pour tous, mais ils mettent chacun à l'épreuve dans ses valeurs. Ils sont le terrain d'élection de chaque prise de parole.

La cause des divergences de point de vue semble surtout la toujours délicate question financière (la valeur... marchande). Mais il y a autre chose. Le plus souvent, on ne se comprend pas parce qu'on ne sait pas de quoi on parle exactement. Les idées flottent dans l'air au lieu de s'appliquer à des cas concrets, plus exactement au lieu d'avouer leur limitation à une personne et à une situation. Mieux vaudrait accepter ses limites quand on parle à d'autres, et ne rien chercher à leur imposer de plus vrai que ce qui est tel temporairement pour soi.

Comment limiter la portée de ses allégations? En précisant le sens des termes? En ayant le référent sous les yeux, en le montrant, en racontant ses expériences personnelles?
Réaction 29


Certes, s'interroger sur le sens que chacun peut attribuer aux mots sera bien nécessaire. Et se montrer sensible aux différences de perception dans l'objet du litige fera faire des progrès aux pourparlers, permettra de rapprocher les points de vue. Encore faut-il que chacun y mette du sien (comme on dit fort justement). Mais le minimum, pour le linguiste comme pour le pragmaticien, dans un acte de parole, c'est que les mots visent des référents connus de part et d'autres et bien identifiés, que les phrases s'appliquent à des contenus expérimentés par chacun des antagonistes. On a le droit de vérifier que chacun attribue aux mots le même domaine et le même statut de réalité. Par exemple, il faut absolument repérer ce qui est à prendre au sens figuré. Il est arrivé qu'un enfant s'empêche de dormir parce qu'il avait entendu dire que quelqu'un "s'est endormi pour toujours". Comment aurait-il pu décoder l'euphémisme et la métaphore?

L'isotopie.

L'isotopie est un concept proposé par A.-J. Greimas dans sa Sémantique structurale. C'est le type de réalité (grec , "lieu") évoqué par l'ensemble des éléments du texte du discours; il y a isotopie (grec , "même") lorsque différents mots renvoient à un même référent. Si la pragmatique veut rejoindre une réalité qui soit la même pour tous les locuteurs, elle ne peut se contenter du thème de l'acte de parole informatif, elle doit aller jusqu'aux référents.

Nous savons déjà distinguer thème et référent. Le thème est l'objet de l'assertion; le référent est ce que vise un mot actualisé. Dans La lune luit, on parle de la lune (thème) et l'article défini nous signale que le référent du mot lune est le satellite de la terre qu'on connaît (d'où l'article défini). Autre ex. Un poète déclame: «Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille». Dans quel environnement l'imaginerez-vous?
Réaction 30


Dans la solitude. Il parle à la douleur qu'il ressent continuellement en lui. En s'adressant à sa douleur, il fait ce qu'on appelle une personnification. Il parle à sa douleur intime comme à une autre personne mais l'isotopie de douleur n'est autre que lui-même.

Plaçons maintenant ce texte dans une autre environnement. Sortons de la solitude poétique. Disons qu'une épouse malheureuse s'adresse à son époux. Elle aussi pourrait avoir envie de dire quelque chose comme: Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi donc un peu tranquille... Mais il n'y aurait plus la moindre personnification: une métonymie de l'effet, plutôt. Le mari, cause de souffrance, est appelé «ma douleur». On a changé de contexte (une épouse au lieu d'un poète) et cela a suffi pour que ce dont on parle, dans la réalité (autrement dit le référent) soit modifié. Il ne s'agit plus de la douleur comme sentiment personnifié mais de quelqu'un qui est une cause de douleur. Le texte n'a plus la même isotopie.

Comprendre demande de réunir les référents possibles pour chaque mot et de chercher un ensemble référentiel commun, et qui convienne au type d'acte de parole; c'est donc trouver l'isotopie du texte.
"Maître et serviteur" se dit-elle, hochant la tête avec amertume, tandis que son fils s'éloignait...
1 Il s'agit de deux personnes distinctes (son fils, par exemple, est traité comme un serviteur par son associé).
2 Elle parle d'une même personne qui présente à la fois ces deux comportements.
3 (Selon le contexte)
4 (Autre chose)
Vous surprenez la conversation de la table voisine: --- Je vais t'ajouter la tête de Yolande. Qu'allez-vous imaginer?
1 Qu'ils ont coupé la tête à une certaine Yolande.
2 Qu'ils se partagent un héritage dans lequel figure une oeuvre d'art représentant Yolande.
3 Qu'ils font glisser d'une assiette à l'autre une tête de lapin dont Yolande ne veut pas.
4 (Selon le contexte)
Réaction 31


Nous pouvons maintenant donner une définition vérifiée sur pièces de l'isotopie. C'est, en pragmatique, un environnement imaginé qui maximise la vraisemblance significative.
Un poète persan en exil écrit: "Le vent du détachement des choses terrestres soufflait tellement en ce lieu Que le ciel en avait la voûte brisée." (Attar) Quelle est l'isotopie du texte? (Isotopie: type de réalité évoqué par l'ensemble des éléments du texte du discours; il y a isotopie lorsque les mots renvoient à un même référent.)
1 Le vent
2 Le détachement
3 Les choses terrestres
4 Ce lieu
Nancy, Américaine qui a passé une partie de sa jeunesse en France, publie un essai de jurologie. En voici la dédicace: "Ce livre est dédié à mes deux mères, sans les langues de qui je n'aurais jamais pu l'écrire". Qu'est-ce que cela veut dire?
1 Deux mères successives, qui l'ont élevée, lui ont fourni l'occasion de réfléchir sur un thème comme le juron, qu'elles pratiquaient.
2 Deux personnes, l'une francophone, l'autre anglophone, lui ont appris à s'exprimer car elles avaient, comme on dit, la langue bien pendue.
3 Les deux mères représentent la nation américaine et la nation française, les langues sont l'américain et le français.
4 (Toutes ces explications sont possibles.)
Vous lisez dans un encart publicitaire: "Répondez aujourd'hui même et nous vous enverrons une offre spéciale de rabais vous permettant d'économiser 280 $ à l'achat d'une somptueuse batterie de cuisine en cuivre de 32 pièces. En plus, vous recevrez d'autres articles d'une valeur de 85 $. Tout cela pour 29,95 $ plus les frais de port et d'emballage." Que concluez-vous?
1 Que vous allez recevoir une batterie de cuisine de 280 $ pour 29,95 $ plus les frais.
2 Que le coût réel de la batterie de cuisine n'est pas signalé et que vous allez recevoir un bon de rabais.
3 Que vous allez recevoir pour 365 $ d'articles en cuivre pour 29,95 $ plus les frais.
4 Que cette offre est trop alléchante pour être honnête mais que le texte de l'annonce ne vous permet pas de savoir ce qui cloche.
Sur un mur de salle d'attente: "Quitta la mort pour aller regarder les millions de nuits possibles." Quel contenu cette phrase peut-elle avoir?
1 Elle évoque l'épitaphe d'un suicidé.
2 Allusion ésotérique et même mystique.
3 Un échec a donné à l'auteur l'envie de comprendre tous les autres échecs possibles.
4 Phrase poétique au sens incertain (un flou poétique).
Réaction 32


L'isotopie met en relation les quatre coins du trapèze sémantique!



Organisation mentale. Espace mental.

Sens, réalité, notion, contexte, thème, prédicat... Tout cela entre en danse et joue son rôle et s'articule de façon complexe mais pas du tout quelconque. Normal! Il s'agit de donner leur place à de nombreux paradigmes, à commencer par un sujet qui dit je, une personne qui veut saisir. C'est elle qui conçoit et qui organise (au plus court, par économie) ses mots et ses phrases, dans la situation.
Uriel revient d'une consultation médicale. --- ç'a été vite? --- Oui. Il n'y avait personne. Mais tout le monde était là!
1 Contradiction.
2 Erreur de langage. Il aurait fallu dire: «Sauf le médecin et son secrétaire.»
3 Procédé expressif: alliance de mots incompatibles (oxymore).
4 Glissement d'espace mental.
Réaction 33


Définition Espace mental: «Dans une isotopie, perspective particulière permettant d'attribuer à l'assertion une valeur référentielle plus précise». Ex. Brigitte est une sorcière (en fait, elle est ravissante mais, dans ce film, elle joue un rôle de sorcière).

Remarque L'espace mental est toujours un ensemble référentiel implicite. On comprend que tel concept doit s'entendre par rapport à tel ou tel ensemble.
Un des avantages de cette candidature, c'est que Mme Chanadi est polyglotte. C'est aussi une femme. La dernière remarque ________.
1 implique que les autres employés sont des femmes
2 implique que les autres employés sont surtout des hommes
3 (Selon le contexte)
4 est superflue puisqu'on a dit Madame
"Je ne comprends pas les Anglais, dit Alphonse Allais. Tandis qu'en France, nous donnons à nos rues des noms de victoires: Wagram, Austerlitz, etc., là-bas, on leur donne des noms de défaites: Trafalgar square, Waterloo station."
1 Curieuse mentalité, il est vrai.
2 C'est à Allais que quelque chose échappe.
3 Tout est toujours une question de point de vue, évidemment.
4 Simulation.
--- C'est le dernier de tes avant-derniers cours. --- C'est mon avant-dernier cours, oui. --- C'est le dernier cours de ton avant-dernière semaine. Ce petit dialogue de l'assistante et du prof ______.
1 est du charabia (l'assistante ne s'exprime pas assez clairement)
2 est tout naturel (les deux sont d'accord)
3 dénote un malentendu
4 montre la première rectifiant son erreur
Les ingrédients de la cuisine préhistorique? Du laurier, des feuilles de châtaignier... Tout ce qui est sauvage!
1 Bien vu. Les fruits et légumes cultivés n'existaient pas.
2 Optique de «civilisé». Rien n'était alors «sauvage».
3 Faux. Les condiments sont dans la nature, aujourd'hui comme alors.
4 Commode mais naïf.
Y a-t-il plusieurs univers?
1 Un seul, par définition.
2 Autant que d'êtres conscients.
3 (Difficile à savoir)
4 (Selon le sens)
--- La cheminée, quand est-ce qu'on la ramone? --- Tout de même pas avant le déjeuner! --- Après, en tout cas. --- Si ce n'est pas avant, ce sera sûrement après. Ce dialogue ________.
1 tourne en rond (les interlocuteurs ne parviennent pas à aborder leurs points de divergence)
2 tourne rond (ils se mettent d'accord pour ramoner dans l'après-midi)
3 est inutile (on parle pour parler)
4 est normal
J'ai décidé de te quitter et d'aller travailler. Cette déclaration semble impliquer ______.
1 qu'ils ne se séparent que pour quelques minutes
2 qu'ils se séparent pour quelques jours
3 qu'il ne se reverront plus
4 (Selon le contexte)
"Son intervention m'a étonné." Qu'est-ce qui m'a étonné?
1 Ce qu'il a dit.
2 L'activité qu'il a exercée (son aisance, sa vivacité d'esprit).
3 Le fait qu'il soit intervenu.
4 (Selon le contexte)
Réaction 34


La fonction du contexte dépend de la catégorie de l'énoncé. À des constatations, le contexte fournit des circonstances (temps et lieu). À des idées, il donne un thème (reprenant une constatation implicite). Au niveau des actions, il donne le possible ou le vraisemblable, les conditions concrètes de l'effectuation. Enfin, au niveau de la communication interpersonnelle, il fournit des intentions (lisibles dans les actions implicites). Les quatre étapes de l'énoncé ont donc une base contextuelle.

Le « statut de réalité».

Une phrase peut présenter son contenu comme réel, comme théorique ou imaginaire, comme inverse au réel malgré les apparences, comme simple citation. Quand les apparences et la réalité cessent de coïncider, les obligations ne peuvent garder toute leur emprise.
a) Il n'est pas millionnaire b) mais il se croit défavorisé. Quel est le statut des propositions a) et b)? En a), le contenu de l'énoncé est donné comme ______; en b) comme ______.
1 réel, imaginaire
2 réel en apparence seulement, textuel (on rapporte les propos de qqn)
3 textuel, réel en apparence seulement
4 imaginaire, imaginaire
Un homme qui s'est habillé en femme devrait aller dans les toilettes des femmes. Non?
1 Non. Ce serait inconvenant.
2 Oui. Ce serait plus prudent, si l'on ne veut pas se faire remarquer.
3 Aucune importance.
4 (Autre chose)
Réaction 35


La narration.

Le contenu de l'acte de parole est à considérer comme une action lorsque l'intention du locuteur est d'exprimer qu'il se fait, qu'il se fit ou qu'il se fera quelque chose L'analyse de l'action se fait en considérant un avant et un après (problème et solution) ainsi qu'un degré de réussite (échec ou succès, malheur ou bonheur).
On lit dans une présentation de film: «Enceinte de son premier enfant, Emma apprend qu'elle a un cancer du sein.»
1 Situation initiale.
2 Double action, préliminaire.
3 Premier élément de l'action, avantageux; second élément, malheureux.
4 Situation initiale et premier élément d'action, malheureux.
Ils vécurent trois ans ensemble et ils se marièrent. Pourquoi le sens est-il si différent quand on inverse l'ordre des propositions?
1 Parce que le et n'est pas simplement logique.
2 Le et coordonne des événements.
3 La logique ne s'applique pas aux phrases non prédicatives.
4 (Autre chose)
Réaction 36


Les modalités interpersonnelles.

Que trouve-t-on si on examine les actes de parole du point de vue des personnes? Des interlocuteurs!
Voici quatre phrases ou l'équivalent. --- J'en ai marre. --- Hello. --- Merde! --- Coucou. Par combien de personnes différentes pourraient-elles être prononcées?
1 A, B, C, D (Quatre personnes différentes)
2 A, B, A, B (Dialogue)
3 A, A, A, A (Une seule et même personne énonce les quatre d'affilée.
4 (1, 2 et 3)
Réaction 37


On se souvient que c'est par le biais des connotations et jugements de valeur que peut se déceler la présence de sujets dans les textes apparemment objectifs. On voit ici que quantité d'attitudes qui accompagnent habituellement certaines répliques mettent en jeu des sentiments mais aussi des sujets, dressés parfois l'un en face de l'autre. Y a-t-il des sentiments spécifiques aux interactions?
De quel type d'assertion s'agit-il? Tu peux compter sur moi. Je t'attendrai à l'aéroport.
1 Un jugement de valeur.
2 Une explication.
3 Une action.
4 Une modalité interpersonnelle.
Réaction 38


Dans les modalités interpersonnelles, on distingue l'illocutoire, qui vise un effet direct sur l'interlocuteur (ordre, prière) et le perlocutoire, par lequel on cherche à donner une certaine image de soi. Cela correspond à peu près au pathos et à l'éthos des rhéteurs. (Plus de détails au chapitre 11, psychologie).
Quand l'automobiliste américain rencontre, à un croisement, la flèche caractéristique du sens unique, il décode le signal en tant ________.
1 que perlocutoire
2 qu'illocutoire
3 que locutoire
4 (Autre chose)
Å un créancier auquel il a déjà plusieurs fois fait faux bond, Nicolas, surpris dans un café, jure: Que je me casse le cou si je ne te remets pas tout ton maudit argent dans un mois! Cette malédiction proférée contre lui-même est ________.
1 une menace indirecte
2 un acte illocutoire
3 un acte perlocutoire
4 (Autre chose)
Réaction 39


La conversation (comme genre littéraire) n'est-elle pas le lieu idéal des modalités interpersonnelles?
Réaction 40


Les échanges conversationnels sont les moments privilégiés des actes centrés sur la personne. Ils placent les interlocuteurs en position alternée et complémentaire. La progression se fait à deux ou plusieurs, selon celui qui veut prendre la parole. Les conversations ménagent naturellement une place à la recherche intersubjective. «Il faut que leur déroulement ait le pouvoir de me lancer à mon tour vers une signification que ni lui ni moi ne possédions.» (M. Merleau-Ponty)

Le perlocutoire.

La position respective des intervenants, en dialogue, a fait l'objet d'un examen attentif. Deux personnes qui ne se connaissent pas ne peuvent entreprendre de communiquer sans avoir fixé implicitement un type de relation : égalité, infériorité ou supériorité. Ensuite, il y a des artifices de manipulation réciproque... Il apparaît alors que c'est par l'intermédiaire ce que chacun offre et attend en retour qu'il se fait la victime, ou l'exploiteur, ou les deux à la fois.
Ex. Il aurait pu, le freluquet de Queneau dans ses Exercices de style, au lieu d'injurier son bourreau, s'adresser à lui noblement, et dire : Pensez-vous qu'en vous demandant d'éviter mes pieds je n'avais pas pour premier mobile de préserver le lustré de mes vernis noirs?


S'étant assuré ainsi d'une supériorité énigmatique, le jeune homme dégage autour du grossier personnage qui le maltraite un espace de pensée où ils vont pouvoir désintriquer le noeud de leur relation mal entamée. Tant que règne la confiance, on pense que l'avenir ne peut que continuer sur la bonne voie, mais dès qu'un nuage l'a détruite, aucun effort, à moins d'être réciproque, ne peut restaurer l'atmosphère.

Comment se fait-il qu'il soit impossible de rejoindre dans l'autre une objectivité minimale qui semble pourtant, aux yeux de chacun, évidente, élémentaire? C'est que l'idée que chacun peut se faire de l'autre ne peut se partager pleinement que par une sorte d'illusion répercutée. Vite amplifiée, la moindre fêlure la réduit à rien. On ne reçoit que des sentiments échangés simultanément. Les consciences ne sont pas des objets, des idées ou des actions, mais comme les parois de cristal de deux univers. Est-ce que c'est cela que la pragmatique désigne du nom de perlocutoire?
Réaction 41


Exactement. Le préfixe per veut dire «à travers». On parle en se voyant à travers la personne à qui l'on pense et elle se voit en nous. Le perlocutoire est un jeu de miroir. Dans ce type de communication empathique, les interlocuteurs découvrent que leurs visions ou leurs volontés subjectives sont plus ou moins compatibles, par un effort réciproque occasionnel. C'est le cas dans tous les types de relation où il intervient de l'amour ou de l'amitié.

Ainsi la dimension interpersonnelle apporte-t-elle à l'acte de parole une valeur qui n'est plus simplement locutoire ou illocutoire, mais qui vise en autrui l'image qu'il peut avoir de nous.
«Ce n'est pas parce qu'on est marié qu'on doit s'ennuyer ensemble.» On dit cela pour défendre _______.
1 le mariage
2 le droit de s'amuser entre époux
3 le fait de s'amuser au dehors
4 (Selon l'intention)
Le patron s'étend dans ses explications. Ce qu'il raconte maintenant, non seulement vous le savez mais vous savez qu'il sait fort bien que vous le savez ... Alors? Comment faut-il comprendre son attitude?
1 C'est de la distraction.
2 Il s'efforce de jouer un rôle.
3 Il doit y avoir là quelque ruse de sa part.
4 (Autre chose)