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EXPLICATION DE TEXTE

Justin Quayle veut connaître les responsables et savoir les motifs de l’assassinat de son épouse, Tessa. Il se fait passer pour journaliste et se rend dans un village du Darfour où le docteur Lorbeer est l’une des dernières personnes qu’elle ait rencontrées, dans une enquête qu’elle faisait avec un médecin noir sur les vaccins utilisés. «Lorbeer ouvre le rabat de la tente pour laisser passer Justin et réussit à lui adresser un horrible sourire servile. Justin se courbe, leurs regards se croisent et il voit chez Lorbeer ce qu’il avait déjà remarqué dans la hutte, mais là de façon bien plus évidente: un homme terrifié par ce qu’il s’interdit résolument de voir.» (John le Carré, la Constance du jardinier, p.463)
   Horrible et servile se combinent étrangement et l’attitude du suspect se précise dans l’affrontement des regards. Il s’agit d’une hypocrisie justifiée par l’ampleur et l’horreur de la situation: un crime contre l’humanité, perpétré par une multinationale pharmaceutique avec la complicité du Foreign Office.
   Est-ce les secrets d'État qui donnent leur spécificité aux romans de John le Carré? Ou quelque cadavre dans un placard? Les enjeux internationaux? Le risque personnel? Toujours des personnages subalternes très engagés. Ou la dimension morale? Toujours des autorités magouilleuses. Mais tout cela est dans les recettes aujourd’hui courantes. Y aurait-il autre chose?

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Lecture précédente.

« Ne vous excusez pas... Mon mari fera le nécessaire... J’ai senti... Je connais les vibrations de sa voix... qu’il a pour vous une estime particulière... Et n’ayez crainte — sa voix devenait de plus en plus chaude — tout s’arrangera.» (Stefan Zweig, la Pitié dangereuse, p.334)
Faire parler une aveugle, lui faire consoler son hôte désespéré, reproduire exactement les phrases interrompues, les effets de ses inflexions de voix... Est-ce bien cela qui peut faire le grand art du romancier de l’entre-deux-guerres que fut le Viennois Stefan Zweig?

CORRIGÉ EXEMPLATIF
Sans doute. Zweig est un admirateur de Freud et cherche à voir les choses de l’intérieur. Son héroïne est sensible aux moindres mouvements affectifs en elle et autour d'elle. Ce qui fait la trame du roman n’est pas seulement une histoire d’officier pauvre dont s’éprend une jeune fille infirme mais riche. On le voit la renier honteusement après les fiançailles. L'anecdote ne fait pas le prix de l'oeuvre. Il s'agit plutôt, dans ce cadre un peu banal et bourgeois, de faire sentir la tension dramatique de certaines situations, ici la honte, et d’en développer les effets. Les personnages se devinent les uns les autres. Leurs consciences se reflètent plus qu’elles ne se jugent. Ce qui compte, pour le romancier freudien, c’est la chaleur d’une voix, même inconnue, la sympathie d’une personne prête à défendre sa cause, si mauvaise soit-elle. Et il suffit d’une inflexion de voix pour qu’une aveugle perçoive et place dans sa mémoire que son mari s’intéresse à quelqu’un.

CONSEILS

Sur feuille libre, noter ses réactions illico, telles quelles, sans peaufiner. On pourra les retravailler quand on les transcrira dans la fenêtre prévue. Citer les passages litigieux pour les critiquer. Se poser les questions habituelles: qui parle ( l'auteur ), dans quel but ( visée ), sous quelles formes ( genre littéraire ), avec quels arguments et quelles preuves ? Analyser, fouiller dans l'index de la CLÉ sur les mots utilisés dans votre analyse, de façon à la pousser plus loin.

Clé des procédés.

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