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OÙ EST MA LOGIQUE?
Tenir compte des raisons des autres et réfuter en connaissance de cause.

Le vrai est total.
Cette proposition implique ceci. De deux hypothèses, la plus vraisemblable est la plus totale.
Mais que faut-il pour qu’une hypothèse soit “totale”?

1. Qu’elle englobe le plus grand nombre de cas possibles.
2. Cela ne veut rien dire, une hypothèse totale.
3. La totalité est en expansion comme l’univers et on ne peut rien en dire, elle est inconnaissable.
4. Au contraire! Le vrai est particulier (pour être intelligible) et même singulier (pour s’appliquer à moi, ici, maintenant).

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Réponse:
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Réflexion d'hier

Il a été très à la mode de parler de “la nature de la nature”. Mais les deux termes sont-ils encore pris dans le même sens?

1. Edgar Morin a choisi ce titre pour montrer que la science, notamment la physique, oublie que l’observateur fait partie de l’observation et simplifie en spécialisant par l’objet sans tenir compte du sujet, en sorte que les sciences comme la physique devraient renvoyer aux sciences de l’homme de même que la sociologie doit tenir compte davantage de l’apport des sciences naturelles.
2. Hegel procède autrement. L’objet ne peut pas être donné par une observation car celle-ci ne vaut que dans des interactions utiles à chacun selon ses besoins, en sorte que la nature se réduit à des moyens extérieurs liés à des fins collectives, récursives, temporelles, bouclées d’avance. Il faut que l’objet se fasse déterminer par la pensée. Seul le concept peut dire la nature universellement, dans sa nécessité, bien que finie. A fortiori les intuitions, dans leur variété, ne découvrent que des analogies, vérités de surface, transitoires, extérieures, qui plongent dans un monde incertain. Quant aux perceptions, leur diversité les singularise et il faudrait les mesurer.
3. Pour être absolu (comme c’est le cas, vu sa généralité insurpassable) l’être doit inclure sa propre négation, tout ce qui est autre. Prenant connaissance de soi dans la nature, par la philosophie, il devient pour soi. Voici la position de la nature dans le tout. “Sa déterminité consiste en ceci que l’idée se détermine elle-même, c’est-à-dire pose en elle-même la différence, un Autre, mais de telle façon qu’elle est, en son indivisibilité, infinie bonté, car elle octroie et donne en partage toute la plénitude qu’elle possède à un tel être-autre.” (Hegel, Encyclopédie, éd. Bourgeois, t.2, p.347)
4. La répétition du mot nature dans le titre de Morin donne à chaque occurrence un tout autre sens. La majuscule (et l’accent intensif qui donne à l’ensemble sa valeur assertive) passe de la première à la seconde, il faudrait écrire la nature de la Nature (et s’inclure existentiellement dans le second terme mais essentiellement dans le premier).

Notre proposition de corrigé.
DÉLIBÉRATION sur le choix 1. Ces deux aspects étant pris dans une sorte de boucle, on peut éviter de tourner en rond en prenant de la hauteur. C’est “l’observateur s’observe observant son observation” ou, si l’on veut, la nature de la nature de la nature!
2. Le même souci d’unité générale anime les deux démarches mais il n’y a pas de nature de la nature, il y a une présence de l’esprit. Ce ne sont pas les observateurs comme groupe social (lui-même connu par la même méthode, en boucle) qui laissent le problème dans une oscillation entre la néguentropie et l’entropie. C’est plutôt le réel et le pensé qui s’articulent et passent l’un dans l’autre, devenir éternel.
3. Seulement comprendre ce passage de l’être métaphysique à la nature physique est une immixtion personnelle à l’intérieur dudit processus que l’on pourrait nommer créatif si les récits de création ne s’arrêtaient pas à une nature météorologique, réalité partielle, mais poursuivaient jusqu’aux consciences prenant conscience, non d’elles-mêmes, mais de leur fonctionnement, de leur être pensant, déterminant, faisant apparaître du déterminé qu’elles se permettent de chosifier au lieu de respecter son altérité.
4. Oui, il y a boucle implicite chez Morin, lequel, dans son plus récent livre, aggrave encore sa méthode, superficielle, qui consiste à citer une variété d’auteurs toujours plus large, produisant chaque fois une seule des vues qu’ils proposent (souvent avec citation, dont il a l’air de se contenter pour les catégoriser), en sorte que ses publications jettent un jour nouveau sur son programme de lectures mais sur les thèmes abordés, bernique.
DÉF. La physique est science de la nature (phusis en grec) mais il ne peut y avoir de physique de la physique. La métaphysique est science de l’être, qui inclut la nature.
ANALYSE Il ne peut donc y avoir ni nature de l’être ni nature de la nature et pourtant l’expression a quelque chose de vrai, pas seulement par son succès. Elle serait la manière naturelle de désigner la métaphysique. On voit en quoi il doit y avoir diaphore. La première occurrence se distingue sémantiquement de la seconde.

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