Formes verbales. 35 interactions. 89 QCM.

Les mots lexicaux varient (sauf l'adverbe). Mais l'un d'eux offre beaucoup plus de possibilités de variations qu'aucun autre. Pouvez-vous dire lequel?
Réaction 1


Le verbe. La conjugaison du verbe comporte des variations en nombre, comme pour le nom, le pronom, l'adjectif; par contre le verbe varie rarement en genre (sauf au participe, qui est une sorte de qualificatif). Mais le verbe est le seul mot lexical qui varie en temps, en mode, en voix... et surtout en personne (je, tu, il).

Cf. J. et J.-P. Caput, Dictionnaire des verbes français, Larousse, 1969, 589p. La plupart des dictionnaires offrent des tableaux de conjugaison. Pour des logiciels, voir le cédérom du Robert et, sur Internet :

<a href="http://www.leconjugueur.com/">http://www.leconjugueur.com/</a>, entre autres.



Les «personnes».

La variation en personne est-elle importante, pour le verbe? Est-elle indispensable?
Réaction 2


Elle n'est pas toujours audible (je chante, tu chantes, il chante, ils chantent). Quand elle est audible (nous chantons, vous chantez), elle est redondante puisque les terminaisons -ons, -ez n'apportent pas d'information qui ne soit incluse dans le pronom (sauf à l'impératif). C'est la raison pour laquelle, dans le style télégraphique, on peut faire une économie en supprimant les pronoms. En réalité, dans le langage parlé, les personnes du verbe sont surtout marquées par le pronom, ou par le contexte, tandis que les terminaisons sont rarement utiles. Leur importance est relative : elle n'est visible que dans la langue écrite.

D'ailleurs, ces marques, audibles ou du moins visibles, sont-elles présentes pour toutes les personnes, à tous les nombres, à tous les temps et modes?

"Je glisse." La désinence e indique ________.
1 le temps
2 le mode
3 la personne
4 (Autre chose)
"Ils parurent surpris qu'elle eût voyagé autant." Dans le verbe, la terminaison (ou désinence) indique principalement ________.
1 la voix
2 le temps
3 la personne
4 le nombre


Prenons une forme courante comme comme le présent de l'indicatif au premier groupe de conjugaison. Qu'a-t-elle comme marques?
Réaction 3


Un e muet, comme le féminin! C'est presque une absence de marque, qui ne peut jouer que parce qu'elle est moindre que les marques des autres temps (-ais pour l'imparfait, etc.) Une absence de marque convient pour le temps le plus neutre, qui se définit comme quelconque par rapport aux autres, qui ont tous leur définition propre, comme on le verra plus loin.

Quelles sont les marques formelles de la première personne du singulier, à l'indicatif présent?
Je défaill__ lorsqu'on lui offr__ des fleurs.
1 e, e
2 es, e
3 e, es
4 (Autre chose)
Vous tombez, repr__-je, de Charybde en Scylla.
1 i
2 is
3 ie
4 (Autre chose)
Lui a-t-on dit que c'est moi qui att____ sa visite?
1 ens
2 end
3 ent
4 ends
Réaction 4


La première personne, au présent, a souvent un s (inaudible : j'entends); mais pour le 1er groupe (verbes en -er) c'est un e muet (un e qui peut se faire entendre mais surtout qui a la propriété de faire entendre la consonne qui le précède, parce qu'elle devient ainsi un début de syllabe : Je chant' depuis un an). Comme les verbes du premier groupe, en -er, sont de très loin les plus nombreux (tous les nouveaux verbes sont formés sur ce modèle), le e de la 1re personne finira par devenir plus typique que le s, qui est plutôt la marque de la 2e personne (dans la conjugaison). Quelques verbes en -ir ont aussi -e plutôt que -i (j'assaille, tu assailles, il assaille -- je finis, tu finis, il finit). Signalons pour tout dire que ceux qui ont cet i ont aussi un -iss- à l'imparfait (j'assaillais -- je finissais) et que l'origine lointaine de tous ces is est le suffixe latin -isc- qui est une marque de l'aspect inchoatif ("l'action en est à ses débuts").

Le seul autre problème notable des désinences (variations finales) de la 1re personne du singulier est le é du tour inversé. Pourquoi un é plutôt que le e non marqué, malgré la confusion avec le ai du passé simple? Pour rien? Comment prononcez-vous, personnellement, le e muet de la première personne de l'indicatif présent d'un verbe de la première conjugaison à la forme interrogative?
Comment! chant__-je faux? m'écri__-je au moment où le maestro parut.
1 e, ai
2 é, é
3 é, ai
4 ai, é
Réaction 5


Le tiers des étudiants et ce sont aussi les plus qualifiés connaissent cette règle. Voici les strates de compétence obtenues dans les cégeps. (La réponse préférée par les étudiants français les plus qualifiés est similaire.)


QCM  1958                     # 1140     |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·      222224444
3*      26      2.40      0.27           |   |            22224444444444
1       24      0.02      0.43           |   |    222224444444             1
4       43     -7.55      0.20           |   |224444444     ·           111
2       01     -8.10      0.21           |   |44            ·         11
-       06      0.00      0.00           |   |              ·      111
-----------------------------------------|   |              ·    11
Comment! chant__-je faux? m'écri__-je    |   |              · 111          3
au moment où le maestro parut.           |50%|················11·······333·
1)     e, ai                             |   |            11·      33333
2)     é, é                              |   |         111  ·    33
3)     é, ai                             |   |       11     33333
4)     ai, é                             |   |    111  33333·
                                         |   |  1133333     ·
                                         |   |3333          ·
Disons que c'est un é que les Rectifications ont changé en è un peu rapidement sans doute, vu la prononciation. Quoi qu'il en soit, prononcé ouvert ou fermé, il crée toujours une équivoque; si ce n'est pas avec le passé simple, ce sera avec l'imparfait. Il est vrai qu'à Paris, la distinction é / è est en voie de disparition progressive, sous l'influence du Midi, où, comme en italien et en espagnol, il n'y a qu'une seul voyelle intermédiaire, conformément à leur origine latine. Mais quels ravages cette contre-évolution phonétique ne va-t-elle pas provoquer dans la conjugaison (notamment la confusion du futur et du conditionnel)! (Est-il déjà trop tard pour réagir vigoureusement dans les milieux de l'éducation et à la radio comme à la télévision?)

Au passé simple, les terminaisons de la première du singulier souffrent de plus de complexité du fait d'une nouvelle terminaison en -ai, et, pour le radical, de la proximité du participe passé.
Alors je n'y p__ tenir et je soupir__: Tu ne me prêtes tout de même aucune attention.
1 u, ai
2 u, ais
3 us, ai
4 us, ais
Réaction 6


Les strates obtenues confirment que ces formes sont encore bien vivantes au Québec; comme en France, où la question trie encore plus nettement (discriminance : 0.42).


QCM  1964                     # 1142     |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·           2222
3*      30      1.86      0.28           |   |              · 2222222222
-       01      1.69      0.29           |   |         2222222
1       36     -2.72      0.16           |   |  2222222     ·
2       26     -7.55      0.20           |   |22            ·         111111
4     0.07      0.00      0.00      0.83 |   |              ·    11111
-----------------------------------------|   |            1111111          3
Alors je n'y p__ tenir et je soupir__:   |   |    11111111  ·           333
Tu ne me prêtes tout de même aucune      |50%|1111·······················33···
attention.                               |   |              ·    33333
1)     u, ai                             |   |              --333
2)     u, ais                            |   |            3333
3)     us, ai                            |   |       33333  ·
4)     us, ais                           |   |  33333       ·
                                         |   |33            ·
Signalons une forme dialectale intéressante : au Québec, on dit : haïs-le, je haïs, tu haïs, il haït et non hais-le, je hais, tu hais, il hait. Ces dernières formes, quoique plus usitées dans le reste de la francophonie, sont moins nettes; et, de toute façon, partout ailleurs dans la conjugaison, on conserve le de l'infinitif. L'avenir appartiendra-t-il aux formes les mieux bâties? Les modèles ne viennent de la périphérie que si le centre les adopte. On sait le sort réservé à septante et octante.

Et quelles sont les marques formelles de la deuxième personne du singulier?
Il faudrait que tu écri__ les numéros. Qu'en pen__-tu?
1 ves, se
2 ves, ses
3 ve, ses
4 ve, se
Cueill___ toutes tes nouvelles roses et dispos___ les vases sur la table.
1 e, e
2 e, es
3 es, e
4 es, es
V___ chercher encore un peu de paille et couvr___ bien les pieds des rosiers et des goyaviers.
1 a, e
2 a, es
3 as, e
4 as, es
Ne m'assaill__ pas de questions.
1 es
2 is
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
______ de bonnes raisons pour t'absenter.
1 Ai
2 Aie
3 Ais
4 Aies
______ que ton retard sera remarqué.
1 Sais
2 Saches
3 Sache
4 (1 ou 3, selon le contexte)
Réaction 7


Que faut-il penser de cette disparition du s à l'impératif? La trouvez-vous justifiée?
______ te présenter au bureau à midi.
1 Veuille
2 Veuilles
3 Veux
4 (1 ou 3, selon la nuance de sens)
Si un inconnu te donne quelque chose, parl___-en à tes parents et montr___-le-leur.
1 es, e
2 e, es
3 e, e
4 es, es
Rang___ ta chambre en silence et ferm___-en la porte.
1 es, es
2 es, e
3 e, es
4 e, e
Réaction 8


L'absence de s à l'impératif est un fait inexplicable. Ce n'est pas une marque modale (et l'impératif n'a pas de marque particulière : seulement l'absence de pronom sujet). Or la marque de la 2e personne ne devrait-elle pas paraître d'autant plus utile que le pronom n'est pas là? L'absence de tu étant la marque de l'impératif, cette absence de s est si anormale que les locuteurs y ont suppléé. Ils font entendre un s dès que c'est possible à la liaison, c'est-à-dire en cas d'hiatus (donnes-en, vas-y) .

On comprend que cet impératif sans s fasse regimber jusqu'à la moitié du groupe. Toutefois, ils ne forment que la deuxième strate, et l'indice de discriminance ne leur donne pas raison.


QCM  1986                     # 1199     |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·      444444444
3*      29      1.94      0.28           |   |            444444444
1       50     -4.20      0.19           |   |    44444444  ·           1111
4       15     -8.22      0.21           |   |4444          ·    1111111
2       05      0.00      0.00           |   |              11111
-----------------------------------------|   |       1111111·
Rang___ ta chambre en silence et         |   |  11111       ·
ferm___-en la porte.                     |   |11            ·           3333
1)     es, es                            |50%|··························333·
2)     es, e                             |   |              ·    33333
3)     e, es                             |   |              · 333
4)     e, e                              |   |            3333
                                         |   |       33333  ·
                                         |   |    333       ·
                                         |   |3333          ·
Le tiers du groupe seulement évite le piège du s à range sous l'influence du s à ferme. Mais ce sont les étudiants qui sont le plus souvent d'accord entre eux, donc ceux qui ont le plus de raisons et les mieux partagées, dans leur choix.

Si vous pouviez donner votre opinion, seriez-vous pour ou contre le s à l'impératif présent de la deuxième du singulier des verbes en -er?
Réaction 9


L'opinion publique souhaite ce s depuis toujours puisqu'il est présent dans la prononciation dès que l'occasion (un hiatus) se présente pour le rendre audible. À Paris également, il y a une majorité de lycéens pour le maintient du s partout (en 2e strate comme au Québec); et cette fois, la discriminance (0.34) est assez forte pour que l'on puisse parler de tendance, en ce qui concerne l'évolution de la langue.

Il y avait d'ailleurs une autre question où les mêmes groupes confirment leur point de vue.

Nous donnons le graphe des réponses parisiennes, il est très typique.


Item 241072                   # 1028     |100%              ·
Lot  FRpa0A   Cycle 28         Presque   |   |              ·         444444
         %     Niveau    Discriminance   |   |              4444444444
2       03      9.79      0.20           |   |       4444444·
1*      48      1.07     -0.04           |   |  44444       ·
4       45     -6.59      0.31           |   |44            ·
3       03      0.00      0.00           |   |              ·
-----------------------------------------|   |              ·
Si un inconnu te donne quelque chose,    |   |              ·
parl___-en à tes parents et              |   |11111111      ·
montr___-le-leur.                        |50%|·······11111111111111111111
1)     es, e                             |   |              ·
2)     e, es                             |   |              ·
3)     e, e                              |   |              ·
4)     es, es                            |   |              ·
                                         |   |              ·
                                         |   |              ·           2222
                                         |   |              · 2222222222
                                         |   |  22222222222222
Bien que 48% de bonnes réponses soient dans le premier groupe suffisamment consistant, la discriminance est négative (la courbe 1 descend), alors que le sous-groupe suivant, 45%, a une excellente discriminance (0.31). La tendance décelée plus haut est ici encore plus nette, en faveur du s partout à l'impératif, comme finale typique de la 2e personne du singulier même pour les verbes en -er.

Le s écrit et le s sonore à la liaison.

Historiquement, le s de la deuxième personne n'existait en latin qu'à l'indicatif et, comme c'est la terminaison qui indiquait la personne, dans cette langue, son absence suffisait à caractériser l'impératif (ama et quod vis fac). En ancien français, une confusion s'est installée sous l'influence de certains s finals appartenant au radical (finire + isc) mais la distinction s'est réintroduite au XVIIe siècle. Le s graphique a disparu à l'impératif des verbes en -er.

La règle est mal observée parce que mal connue. Associer le s à la deuxième personne du singulier est fréquent et répandu, en dépit du fait que ce soit aussi une marque de pluriel, pour le nom. Un des signes de cette confusion est le fait que la masse des individus parlants, dès qu'il y a un besoin de liaison (devant en ou y), évite avec un z le hiatus qui nuirait à la cohésion sonore.

Mais pourquoi cette cohésion sonore revêt-elle une telle importance? Parce qu'elle est une des marques du groupe syntaxique. Un groupe syntaxique doit bénéficier du maximum de cohésion, en sorte qu'il puisse former un seul mot phonétique. C'est le phénomène du savant aveugle, où le t n'est audible que si le premier mot est un qualificatif antéposé. Essayez de dire :«un savant aveugle» en pensant à un savant, puis la même chose en pensant à un aveugle, et écoutez la différence. Que remarquez-vous?
Réaction 10


Il y a la liaison, savant_aveugle, pour parler d'un aveugle, mais le coup de glotte, ou du moins l'allongement du an, pour parler d'un savant.
On touche ici une des grandes constantes de la prononciation des phrases françaises. Le découpage oral n'est pas le même que le découpage écrit. Les mots sont enchaînés en groupes sonores.

Vous souvenez-vous de l'introduction, où nous avons montré qu'un mot pouvait avoir différentes définitions, suivant que l'on se place au point de vue graphique, lexical, sonore, etc? Sur les exemples du savant_aveugle ou de vas-y, cherchons à identifier le rôle du mot phonétique, au point de vue des autres aspects (ou paradigmes) du texte. Le mot phonétique (groupe sonore, caractérisé par l'allongement de la dernière syllabe) ne serait-il pas en relation avec le groupe syntaxique (mots qui ont ensemble une fonction dans la phrase)?
Réaction 11


Une étroite relation. On peut dire que l'allongement syllabique est la marque d'une fin de groupe syntaxique. Ex. Comparer le patient (t-)Anglais, un seul groupe, qualificatif adjectif + nom, le en est bref; et le Patient anglais, titre de film, deux groupes, nom + épithète, sans liaison, le en est long.

En ceci se trouve l'explication de beaucoup de choses dans la conjugaison, comme dans les traits d'union autour du verbe.

Mot phonétique et groupe syntaxique.

On distingue le mot graphique, délimité bonnement par une espace (typographique, donc au féminin!) et le mot phonétique, qui enchaîne les mots graphiques en petits groupes. Celui-ci n'a pas de marque graphiques mais ses marques sonores sont les seules délimitations entre les mots, à l'oral. Quelles sont ces marques? Il faut que ce soit un phénomène sonore... Or, ce ne sont pas des pauses car les pauses séparent les phrases et, si elles sont plus fortes encore, les paragraphes. Il y a un séparateur plus faible que la pause : le coup de glotte (appelé césure en poésie où il joue un rôle rythmique). La glotte, ce sont les cordes vocales. Il y a un coup de glotte quand les cordes vocales cessent de vibrer. Un très court instant suffit. Mais cette marque est trop forte encore pour délimiter les mots phonétiques : elle correspond à la virgule. Elle délimite les actes de parole, qui donnent sa pulsation vitale à la pensée qui s'exprime.

Le coup de glotte (cessation de la vibration de la glotte) est une virgule sonore.

L'importance de ce détail apparemment subtil saute aux yeux de qui est habitué à le repérer dans les textes. C'est donc le moment de faire un exercice.

Application 1. Vous ouvrez au hasard le livre que vous avez sous la main, vous vous mettez à lire jusqu'à ce que vous trouviez une phrase pas trop longue mais avec plusieurs virgules. Vous fermez le livre et recopiez la phrase approximativement, tant bien que mal, suivant ce dont vous vous souvenez, pour que ce soit votre propre façon de le dire. Vous comparez avec la phrase initiale. Faites les deux lectures à haute voix. Essayez de repérer les vibrations de la glotte. Elles sont presque ininterrompues, accompagnant les voyelles et les consonnes sonores. À quel moment sont-elles interrompues par un coup de glotte (fermeture totale des cordes vocales)? Marquez les endroits dans les deux textes au moyen du signe de la césure (# ou ||). Les segments découpés sont-ils des actes de parole distincts? (Voir un exemple de corrigé à la fin de ce chapitre.)
Réaction 12


Exemple de réponse à l'application 1, sur la césure ou virgule sonore.

Texte trouvé dans un livre de Raymond Queneau, Zazie dans le métro : Mais (||) eux autres || dit le hanvélo (||) d'un air malin || eux autres || (geste), || c'est tous des flics?

Variante personnelle : Mais les autres || dit le flic avec un geste large || est-ce que c'est des flics?

On voit que le texte original compte un plus grand nombre d'actes de parole. Il y a deux endroits du texte de Queneau où l'on peut hésiter (||). La césure est seulement possible.

La délimitation des actes de parole par le coup de glotte est plus forte que la délimitation des mots phonétiques. On ne peut placer de coup de glotte entre tous les mots phonétiques. Mais alors, en quoi consiste cette délimitation?

Il y a un autre délimiteur encore plus fin. C'est une délimitation purement sonore car le mot phonétique est délimité sur le plan sonore (il ne serait plus «phonétique» sans cela). Quel délimiteur reste-t-il? Aucun? La syllabe, par exemple, est-elle délimitée? Oui: par le degré de fermeture des phonèmes (Voir chapitre précédent). Il faut donc qu'il existe, entre la césure (coup de glotte) et la fermeture de la colonne d'air qui s'échappe des poumons (consonne dite explosive), un autre phénomène physique sensible, qui puisse délimiter des groupes de syllabe sans aller jusqu'à créer des actes de parole. Quand il y a plusieurs syllabes, et souvent aussi plusieurs mots, à réunir dans un seul mot phonétique, le français utilise le moyen suivant, fort simple: un allongement de la «tonique». Le noyau de la syllabe, qui est une voyelle, prend un rien de durée supplémentaire, et ce presque rien est perçu et décodé immédiatement et inconsciemment, il suffit à créer une délimitation car il marque cette syllabe par rapport aux précédentes (et aux suivantes).
Voici une phrase de Flaubert. Quelles sont les syllabes longues (indiquant la fin des mots phonétiques)?
1 Tous les jours, à la même heure, le mtre d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison.
2 Tous les jours, à la même heure, le maître d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison.
3 Tous les jours, à la même heure, le mtre d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison.
4 (Autre chose)
Réaction 13


Il y a donc en français, comme dans la plupart des langues, des allongements de syllabes finales (en latin, c'était l'avant-dernière syllabe qu'on allongeait habituellement). Ces allongements servent à couper dans la chaîne sonore de façon à regrouper les syllabes en mots et certains mots entre eux. Impossible autrement de les rendre intelligibles, d'en faire des unités constitutives de la langue, des groupes ayant une fonction les uns par rapport aux autres, syntaxiquement. La durée des allongements varie mais elle doit être suffisante pour être significative des regroupements que l'on souhaite faire.

Application 2. L'allongement syllabique regroupant les mots en syntagmes.

Comme ci-dessus, prenez un texte qui se trouve à portée de la main, Placez tout d'abord les limites d'actes de parole sous la forme d'un double trait vertical. Ensuite, délimitez les mots phonétiques (un seul trait).
Réaction 14


Exemple.


                                                              
Les coeurs n'ont pas aussitôt brillé  des quelques teintes vives
                                          
de la jeunesse  qu'ils se décolorent puis  c'est
le monde entier qui devient noir ou blanc.
Parfois, on peut hésiter. Y a-t-il allongement véritable? Ou s'agit-il seulement d'une tendance à l'allongement, tant il faut se hâter de foncer vers le groupe suivant afin de l'englober? On ne place qu'un demi-trait, dans ce cas-là... Il y a même des demi-traits supérieurs ou inférieurs, car l'hésitation peut incliner vers le trait complet, si l'on insiste (puis... c'est) ou vers l'absence de trait, si l'on ne peut pas vraisemblablement insister (noir ou blanc). La limite est donc soit nécessaire (), soit effaçable (), soit purement facultative ()

On peut dire que finalement ce sabre ne sert à rien. L'allongement qui délimiterait que est _____.
1 marqué (il marque la fin d'un mot phonétique)
2 facultatif (possible sans être nécessaire)
3 effaçable (probable mais pas indispensable)
4 (Il n'y a pas d'allongement possible sur une voyelle atone ou un e muet.)
Il boit son café tiède. L'allongement syllabique de boit et de est _____.
1 équivalent et marqué
2 marqué puis facultatif
3 facultatif puis effacable
4 effaçable puis marqué


Application 3. Prendre une autre phrase. Même exercice, en s

précisant ses certitudes () et ses deux types d'incertitudes, peut-on ne pas allonger la syllabe (), peut-on l'allonger mais ce serait forcé (). En présentant ses variantes personnelles, on aura moins d'hésitations.
Réaction 15


Exemple.


                                                   
 Un millier d'adeptes de la secte  interdite  Falungong
                                               
ont osé troubler  hier  la fête  nationale chinoise.
L'allongement effaçable est plus important que le facultatif car il porte sur une fin de groupe qui serait normale alors que le facultatif crée une sorte de sous-groupe artificiellement.

Ainsi notre flot verbal reçoit-il une structure, aussi instinctive que concrète, aisée à décoder. Après la pluie est un mot phonétique parce que le i est la syllabe la plus longue (il peut recevoir en outre un accent d'intensité si le mot pluie a un haut taux d'émotion). Le beau temps serait aussi un mot phonétique. On observe que les mots phonétiques sont aussi des groupes syntaxiques. Ils contiennent un noyau lexical (pluie, temps) et des mots grammaticaux. Ils peuvent recevoir une fonction syntaxique (V. plus loin).
Objection : à quoi sert-il de raffiner les analyses de prononciation si l'objectif du cours est de comprendre la langue écrite?
Réaction 16


Envisager la langue écrite indépendamment de la langue orale est limitatif vu qu'elles sont étroitement solidaires. La langue écrite a ses codes parfois distincts mais elle reste la transcription d'une langue parlée qui a ses propres marques. Quantité de marques sonores ne sont pas transcrites : elles n'en sont pas moins présentes implicitement et, sans elle on ne pourrait comprendre l'écrit. On ne lit plus comme autrefois, à voix haute. On peut même oublier la présence sonore éventuelle des textes. Les règles établies autrefois par cette présence sont maintenues par la langue parlée et elles évoluent toujours par elles-mêmes (déformation de la prononciation, mélange des langues). Il faut distinguer l'oral et l'écrit mais les séparer serait impossible, dans leur état actuel.

Prenons le trait d'union. C'est une marque graphique du mot phonétique! (V. Module 12).

On observe la place centrale occupée dans la phrase par le verbe. Celui-ci est toujours un mot phonétique et un groupe syntaxique, auquel se rattacheront les autres même s'ils le précèdent. Les pronoms sujet et objet (+ en et y) sont monosyllabiques pour pouvoir faire partie intégrante du groupe verbal. Ils sont placés devant le verbe (je me le rappellerai; tu t'en souviendras) en sorte qu'il est très difficile de les allonger et de ne pas les inclure dans le groupe verbal (et ils ne peuvent recevoir de préposition). Que se passe-t-il cependant en cas d'inversion?

Leur appartenance au mot phonétique du verbe risque de perdre sa visibilité. On va donc mettre des traits d'union. (Me le rappellerai-je? T'en souviens-tu? Rappelle-le-moi.)

Élision et liaison comme marque de la cohésion du mot phonétique.

Le trait d'union n'est que graphique, mais il est constant. Sur le plan sonore, il y a aussi des marques de la cohésion du syntagme, mais très occasionnelles car l'allongement suffit. Quelles peuvent être ces marques?
«Tu peux t'y mettre. Puis-je y aller?»
1 On élide te devant y, mais pas je.
2 C'est le e muet qui s'élide.
3 Le e muet ne s'élide que s'il fait partie du groupe.
4 Seul le e muet du pronom personnel s'élide, s'il est dans le groupe.
Réaction 17


Ce sont l'élision et la liaison (V. module 1).

Quand l'allongement délimite, il est naturel que les syllabes intérieures du groupe aient tendance à se raccourcir, ce qui peut aller jusqu'à l'élision. La liaison est aussi une marque normale puisqu'elle renforce l'enchaînement des mots.

Le z de la liaison à l'impératif a sans doute, d'ailleurs, une autre explication, plus actuelle qu'historique. On dit parles-en comme on dit parlons-en (quand on n'analyse pas beaucoup, comme c'est le cas de la plupart des locuteurs). Ne dit-on pas aussi, assez couramment : Souviens-toi-(z)-en? Ce z est destiné à éviter l'hiatus mais pourquoi tient-on tellement à éviter cet hiatus sinon parce qu'il introduirait une limite qui empêcherait de conserver la cohésion du groupe (à la fois mot phonétique et groupe syntaxique)?

Un autre exemple du même cas se trouve dans le t final de la 3e personne du singulier.
C'est alors qu'il abatt___ ce lièvre.
1) i
2) u
3) it
4) ut
Rép. abattit
Mais Il a bâti sa maison. Il a battu son record. Il aperçut ce lièvre.
Règle Si le verbe n'est pas en -er (ou analogue) ni au subjonctif, la désinence de la 3e personne du singulier est -t (ou -d pour la plupart des verbes en -dre), excepté il a, il vainc, ou tous les futurs et le passé simple des verbes en -er.


La langue s'est servie d'un t qui terminait la 3e personne du singulier de certains verbes pour lier le pronom postposé au verbe (aime-t-on). Pourquoi deux traits d'union? Parce que ce t, présent partout en latin, avait disparu après voyelle. On écrivait il aime et donc aime il au XVIe siècle. Mais par analogie avec les autres groupes de conjugaison (dort-il, reçoit-il) on prononçait aimet-il. Les grammairiens se refusaient à écrire ce t, qui aurait pu changer le timbre du e (guet, guilleret, et). Une solution mitoyenne fut alors inventée : l'astuce de placer deux traits d'union (aime-t-il).

D'aucuns, parmi les auteurs des Rectifications, auraient souhaité pouvoir supprimer partout le trait d'union (et écrire le mot composé en un seul mot, comme en espagnol ou en allemand). On ne perdrait rien sur le plan sonore, puisque ce trait d'union est strictement graphique, mais il est une marque de cohésion entre les parties du mot phonétique. Si les syllabes longues des fins de mot phonétique étaient imprimées en gras, on disposerait d'une marque écrite analogue à la marque orale, et le sens des textes en serait grandement précisé. En ce cas, on pourrait lire "aime la", on saurait que la tonique est déplacée de aime vers la, et on n'aurait plus besoin du trait d'union.

Abordons les variations qui portent sur les racines de verbes.

Altérations du radical.

Ya-t-il des variations qui touchent la racine du verbe? Des verbes qui changent, non seulement leur terminaison mais leur syllabe centrale? Par exemple dans l'accentuation du e?
"Il vient / venait / viendra / ..." Dans la conjugaison, ________.
1 la terminaison change, le radical ne change pas
2 le radical prend deux formes différentes
3 le radical prend deux formes différentes ou davantage
4 (Autre chose)
Nous s__merions, ça g__rmerait...
1 e, e
2 e, è
3 è, e
4 è, è
S'ils ne se rendaient, on démant__lerait les remparts et on écart__lerait deux cents notables.
1 è, è
2 è, el
3 el, è
4 el, el
Réaction 18


Il suffit d'une accentuation du e dans le radical pour offrir des variations mais il y en a de pires.

L'altération du radical est la principale cause des innombrables "groupes" de la conjugaison française. C'est un phénomène surtout sonore, et très largement historique. Les conjugaisons compliquées ne se maintiennent que pour les verbes les plus employés, notamment les semi-auxiliaires.

Le verbe pouvoir par exemple a une forme radicale peu- au singulier (qui vient d'un accent tonique sur le o de potere, forme vulgaire de posse) et une autre pou- lorsque la tonique tombait sur la terminaison. Le v a été introduit au XVe siècle, par analogie avec devoir et avoir. Quant au u de pu (troisième radical possible), il vient de l'alignement sur les autres verbes grammaticalisés (devenus des auxiliaires ou des semi-auxiliaires de la conjugaison). On avait eu et .

Jusqu'ici, pas trop de difficulté car la graphie suit la prononciation. Il y a des cas où l'on ne sait trop comment prononcer. Comment dites-vous, ici?
Celui-là ne c__derait devant aucune menace; il nous m__nerait jusqu'au bien-être pour tous.
1 é, é
2 é, è
3 è, é
4 è, è
Réaction 19


QCM  30037                    # 89       |100%              ·
Lot  FMB1     Cycle 13         Presque   |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
+       01     22.67      0.11           |   |              ·      333333333
2*      31      4.64      0.09           |   |         333333333333        4
4       48     -5.89      0.14           |   |333333333     ·    4444444444
3       11    -10.12      0.14           |   |            4444444
1       08      0.00      0.00           |   |    44444444  ·
-----------------------------------------|   |4444          ·
Celui-là ne c__derait devant aucune      |   |              ·
menace; il nous m__nerait jusqu'au       |50%|······························
bien-être pour tous.                     |   |              ·      222222222
1)     é, é                              |   |            222222222
2)     é, è                              |   |222222222222  ·
3)     è, é                              |   |              ·
4)     è, è                              |   |              ·
Deux réponses divisent les meilleurs étudiants, au Québec comme en France; mais en France, la tendance est pour la réponse 4, réputée mauvaise. Il se fait qu'elle est devenue bonne, par la vertu des Rectifications. Ici, elles ont donc visé juste... Céder se prononçant au futur et au conditionnel avec le même è que mener, perd l'obligation de maintenir son accent aigu, qui reste à l'infinitif.

Quelques verbes ont le radical en i. Que devient ce i devant une terminaison en i, comme il y en a aux deux premières personnes du pluriel de l'imparfait ou du subjonctif? Est-il simplifié (nous rions)? Remplacé par y (nous nous assoyions)? Ou conserve-t-on les deux i côte à côte: ii?
Au moment où vous congéd___ notre camarade, vous ignor___ les véritables mobiles de son acte.
1 iez, iez
2 iez, iiez
3 iiez, iez
4 iiez, iiez
Nous évolu___ons, jadis. Aujourd'hui, on dirait que nous avons peur du changement.
1 i
2 y
3 ii
4 iy
Et dire que nous prév____ons passer une soirée comme les autres!
1 oy
2 oii
3 oiy
4 oyi
Réaction 20


QCM  230486                   # 1253     |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
3*      26      2.35      0.27           |   |              ·
4       14      0.75      0.34           |   |              ·              2
2       09      0.08      0.43           |   |              ·           222
1       51      0.00      0.00           |   |              ·         22   4
-----------------------------------------|   |              ·      222  444
Au moment où vous congéd___ notre        |   |              ·    22   44
camarade, vous ignor___ les véritables   |   |              · 222  444     3
mobiles de son acte.                     |50%|··············2244444···33333·
1)     iez, iez                          |   |            2244     333
2)     iez, iiez                         |   |         22244· 33333
3)     iiez, iez                         |   |       22444  33
4)     iiez, iiez                        |   |    4444433333·
                                         |   |  4433333     ·
                                         |   |3333          ·
Il y a des ii dans l'orthographe... mais seulement le quart des répondants sont au courant. La majorité répugne à ce redoublement mais cette majorité est sans strate, donc formée de sous-groupes hétéroclites. Quelles sont ses raisons, probablement diverses? On peut penser que nombreux sont ceux qui n'ont pas encore vu ou remarqué la présence possible de ces ii. Les occasions sont tout de même relativement rares. Un premier sous-groupe trouve la bonne réponse, mais le deuxième sous-groupe fait l'inverse: il met ii partout, même au verbe ignorer, comme si le double i transcrivait une insistance orale sur ce i caractéristique de l'imparfait. La strate suivante est encore plus étonnante : pas de double i à congédier, comme s'il était au présent. On se demande si la phrase n'a pas été mal comprise, mal située dans le temps.

Il arrive aussi que se combattent deux formes, la sonore et la sourde, de la même consonne. Faut-il d ou t? La question se pose pour les verbes en -dre.
Au moindre reproche, il fon__ en larmes et se répan__ en lamentations.
1 d, d
2 d, t
3 t, d
4 t, t
En histoire, tu confon__ les dates.
1 d
2 s
3 ts
4 (Autre chose)
Essaie! ne crain__ rien.
1 ds
2 t
3 ts
4 s
Je crois que tu te morfon__, que tu te contrain__.
1 ts, ts
2 ds, ds
3 ds, s
4 ds, ts
Le soleil poin__-il à l'horizon? Allons voir si l'eau sour__ de notre barrage.
1 d, d
2 t, d
3 d, t
4 t, t
Pour qu'Aminata attei___e son but, il faudrait qu'elle se rés___e à l'expatriation.
1 nd, oud
2 nd, olv
3 gn, oud
4 gn, olv
Réaction 21


Le d fait partie du radical. En finale, il a disparu de la prononciation. Le t de la 3e personne du singulier a aussi disparu, mais on a continué à l'écrire. Au XVe siècle, les verbes en -dre ont reçu un d qui a remplacé le t, toujours inaudible sauf à la liaison (prend-il se prononce avec le t de sa terminaison latine). Pourquoi ce remplacement lexical n'a-t-il pas eu lieu dans le cas des verbes en -indre ou en -soudre? Ces questions sont assez embrouillées pour que l'on veuille savoir ce qu'en pense le public aujourd'hui.


QCM  1934                     # 493      |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36         Presque   |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
1       01     11.11      0.24           |   |              ·
3*      21      2.99      0.26           |   |              ·
4       52     -3.15      0.19           |   |              ·         444444
2       27      0.00      0.00           |   |              ·    44444
-----------------------------------------|   |              44444
Je crois que tu te morfon__, que tu te   |   |       4444444·
contrain__.                              |   |  44444       ·
1)     ts, ts                            |50%|44···························3
2)     ds, ds                            |   |              ·         33333
3)     ds, s                             |   |              ·      333
4)     ds, ts                            |   |              · 33333
                                         |   |            3333
                                         |   |       33333  ·
                                         |   |  33333       ·
                                         |   |33            ·
Seulement 21% de ce groupe de cégépiens a traité les verbes en -indre différemment des autres verbes en -dre. En France, à l'Université de Pau : 51%. Curieusement, le second sous-groupe opte pour 4, en France aussi, donc contraints. Influence de contrainte?


QCM  1994                    # 523      |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36        Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance |   |              ·
4*      21      3.14      0.26          |   |              ·
3       22      0.56      0.36          |   |              ·
1       31     -3.15      0.19          |   |              ·         111111
2       27      0.00      0.00          |   |              ·    11111     3
----------------------------------------|   |              11111     33333
Lorsque Roland rejoin__ l'escadron      |   |       1111111·      333
ennemi, le soleil poin__ à l'horion.    |   |  11111       ·    33
1)     t, te                            |50%|11··················333········4
2)     d, te                            |   |              33        44444
3)     d, t                             |   |            33·      444
4)     t, t                             |   |         333  · 44444
                                        |   |    33333   4444
                                        |   |  33   44444  ·
                                        |   |3344444       ·
                                        |   |44            ·
À la troisième personne, voir la QCM sur le verbe poindre, la tendance à mettre le d partout est nette, en France comme au Québec, malgré la coexistence d'un verbe pointer. Le vieux verbe poindre semble plus connu.

Tous les verbes sont-ils conjugables à toutes les formes?
Des verbes comme falloir, faillir, gésir, qui n'ont de forme que pour certaines personnes, certains modes ou certains temps, sont dits: ______.
1 impersonnels
2 intransitifs
3 défectifs
4 inchoatifs
C'est elle qui prône l'assassinat tandis que c'est lui qui en devient (ou qui ______ en devenir) la victime innocente.
1 faut
2 faillit
3 faille
4 (Autre chose)
Aujourd'hui, je suis un élève et j'écoute des conférences. Plus tard, l'honneur m'________ de monter à la tribune à mon tour.
1 écherra
2 échoira
3 (Au choix)
4 (Selon le sens)
Réaction 22


Oui mais certains verbes, en très petit nombre, n'ont qu'un nombre limité de formes qui soient usitées.

Les modes (subjonctif et conditionnel).

Quelles sont les marques des modes du verbe? À quoi peut-on reconnaître un subjonctif?
Pourquoi croyez-vous que les gens se vêt____ ainsi?
1 issent
2 ent
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
C'est pour vous faire part d'une très grande déception que je vous ______ tous ici.
1 réunisse
2 réunissent
3 réunis
4 (Autre tour)
Au début des cours de français, les élèves assai____ le professeur de questions.
1 llissent
2 llent
3 (Au choix)
4 (Selon le niveau de langue)
Qui la retiendra cette intelligence, qui la figera pour qu'elle acqui__ un peu de stabilité, qu'elle entrevoie dans un ravissement la splendeur de l'art pictural.
1 er
2 ert
3 èr
4 ère
Il faudra que tu acqu___ plus d'expérience dans ce domaine si tu désires rester avec nous.
1 ierres
2 ières
3 iers
4 erres
As-tu une objection à ce que nous ____ prendre un verre?
1 aillons
2 ayons
3 allions
4 aillions
Je partirai quand bien même je devrais tomber en panne en cours de route.
1 quoique je doive
2 même si je devais
3 dussé-je
4 tout en sachant que je devrai
J'accomplirai mon devoir malgré tout, ______-je me faire mille ennemis. (Devoir au subjonctif imparfait.)
1 devais
2 dussai
3 dussé
4 (Autre chose)
Il faut qu'il soit bien malade pour qu'il surs____ à l'exécution d'un projet si mirobolant. (Subjonctif présent.)
1 oit
2 eoit
3 oie
4 eoie
Réaction 23


À son lien au verbe principal dont il dépend (que). Celui-ci fonctionne comme marque du mode en même temps que comme lien effectif. En effet, il sera présent même en proposition indépendante (exclamation : Que je te voie un abîme de science!) Les seules formes de subjonctif sans que sont celles des semi-auxiliaires en provenance de l'optatif du latin : puissé-je + infinitif, dussé-je, je ne sache pas que.

Les verbes en -ir intercalent parfois -iss (qu'il finisse), ce qui crée des équivoques entre le subjonctif présent et le subjonctif imparfait (que je finisse, que tu finisses,... que nous finissions, que vous finissiez, qu'ils finissent). La seule forme distincte est la troisième du singulier : qu'il finît.

Partout, les terminaisons sont celles de l'indicatif (-e, -es, -e, ...-ent mais -ions, -iez). C'est le radical qui diffère, en dehors des verbes du premier groupe (qu'il soit, qu'il ait, qu'il fasse, qu'il doive, qu'il puisse, qu'il veuille, qu'il reçoive, qu'il prenne, qu'il aille, qu'il sache, qu'il acquière, qu'il meure, qu'il tienne, qu'il craigne, qu'il joigne, qu'il résolve, qu'il naisse, qu'il conduise, qu'il asseye ou qu'il assoie... La persistance de ces particularités tient à la fréquence des tels verbes.

Mais les usagers sont-ils d'accord avec ces exceptions?


QCM  2055                     # 291      |100%              ·
Lot  F2U94-   Cycle 17         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
3*      17      3.26      0.29           |   |              ·
2       35     -0.09      0.47           |   |              ·              2
1       22     -3.16      0.20           |   |              ·         222221
4       26      0.00      0.00           |   |              ·    11222
-----------------------------------------|   |            111111122
Il faut qu'il soit bien malade pour      |   |       11111  ·   2
qu'il surs____ à l'exécution d'un        |   |  11111       · 22
projet si mirobolant. (Subj. prés.)      |50%|11············22···············3
1)     oit                               |   |            22·           333
2)     eoit                              |   |         222  ·         33
3)     oie                               |   |       22     ·    33333
4)     eoie                              |   |    222       33333
                                         |   |  22        33·
                                         |   |22  33333333  ·
                                         |   |3333          ·
La majorité comme la discriminance favorisent une réponse doublement erronée (eoit). C'est qu'il y a des circonstances qui ne favorisent pas la bonne réponse. D'abord le e final du subjonctif tombe sur une syllabe identique à une exception de grande visibilité, qu'il soit, malgré la règle du e au subjonctif. Ensuite, il y a l'absence de e au radical dans la conjugaison de surseoir (il ne se conserve qu'au futur et au conditionnel, formes tirées en droite ligne de celle de l'infinitif). Deux règles et deux exceptions ici brouillent si bien les pistes que l'on souhaiterait des simplifications. Mais comment faire accepter qu'il soie quand il y a un nom de cette graphie?!

Les Rectifications n'ont osé s'attaquer au bastion qu'il ait - qu'il soit (trop de fréquence) mais elles suppriment l'autre ambiguïté en donnant sursoir, sur le modèle d'assoir, comme l'avait déjà proposé l'Académie. Et pourtant l'usage regimbe. Les formes avec e restent cent fois plus utilisées...

Pouvez-vous former le subjonctif de vouloir?
Pourquoi lui déplaît-il que nous ______ un débat public?
1 voulons
2 voulions
3 veuillons
4 (Selon la nuance de sens)
Je souhaite que vous ______ bien m' enseigner toute votre expérience de la vie.
1 veuillez
2 vouliez
3 veuilliez
4 (2 ou 3, selon le niveau de langue)
Que tu le ______ ou non, il faudra aller puiser de l'eau ce matin.
1 veuilles
2 veux
3 veuille
4 (N'importe)
Qu'il le veu___ ou non et qu'il y cro___ ou non, il devra transiger.
1 t, it
2 le, ie
3 ille, ye
4 (Autre chose)
Réaction 24


Le futur se forme, dirait-on, en roulant des r (si l'on peut dire; il contient toujours des r).
Vous v___ez ce dont vous vous nou____ez.
1) er, rir
2) err, rrir
3) err, rirr
4) er, rrir
Rép. verrez, nourrirez
Mais Vous trouverez pourquoi et vous courrez, alors.
Et Il verra qu'un verrou ne résiste pas à un verrat.
Règle Les verbes qui ont deux r à l'infinitif les conservent dans toute la conjugaison.
Mais Sont formés irrégulièrement et prennent deux r au futur et au conditionnel: courir, mourir, pouvoir, voir, envoyer, acquérir et leurs dérivés (discourir, encourir, recourir, secourir, quérir, etc.)


Les étudiants sont peu nombreux à bien connaître ces formes mais ils sont d'accord dans leur ensemble avec un redoublement qui correspond bien à ce qu'ils veulent indiquer.


QCM  2036                     # 540      |100%              ·
Lot  EQ2mor   Cycle 36         Valide    |   |            ---------111111111
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |-------11111111111111
3*      30      1.87      0.28           |   |1111111       ·         444444
2       52     -4.49      0.20           |   |              · 44444444222222
4       07     -6.34      0.19           |   |         444444422222222
1       09    -10.59      0.22           |   |  4444444   2222
-       01    -12.29      0.22           |   |44     22222  ·
+       01      0.00      0.00           |   |  22222       ·              3
-----------------------------------------|   |22            ·           333
Au moins vous pou__ez contrôler ce que   |50%|··························33···
vous acqu____ez. (Futur.)                |   |              ·    33333
1)     r, err                            |   |              · 333
2)     rr, errer                         |   |            3333
3)     rr, err                           |   |       33333  ·
4)     rr, ér                            |   |  33333       ·
                                         |   |33            ·
Comment se forme le conditionnel?
Lautréamont invente une esthétique de l'imprévu sur laquelle se fond______ le surréalisme.
1 era
2 ra
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
L'eau bou____ dans quelques minutes.
1 illira
2 illera
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Quand je vous aur___ dit qui je suis, vous ne me parlerez plus sur ce ton.
1 ez
2 ai
3 ais
4 ait
Ils vous décri__ont leurs voisins, une fois de plus.
1 r
2 er
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Le tableau ci-dessous vous indique le montant de la pension de retraite annuelle que vous acqu_____ par tranche de cotisation annuelle.
1 érirez
2 ièrerez
3 ierrez
4 errez
Est-ce que vous ne connaîtr___ pas quelqu'un qui cherche du travail?
1 iiez
2 eriez
3 iez
4 (Autre chose)
Je pensais qu'ils dépl___raient toute leur activité et qu'ils m'app__raient.
1 oi, ui
2 oie, uie
3 oye, uye
4 oi, uie
Mes amis m'ont laissé entendre qu'ils m'env____nt des cadeaux dès leur arrivée au Canada.
1 erraie
2 erro
3 oyero
4 oieraie
Il avait promis qu'il n'oubl___rait pas mon anniversaire et qu'il m'env___rait une invitation pour ce jour-là.
1 ie, er
2 ie, er